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Le tiers des médecins de 65 ans ou plus travaillent encore à temps plein







Communiqué

7 avril 2011

Les médecins de famille âgés sont plus susceptibles de réduire leur champ de pratique que de prendre leur retraite

Selon une étude publiée aujourd'hui par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), plus d'un médecin canadien sur dix est âgé de 65 ans ou plus, mais beaucoup demeurent actifs dans la pratique clinique après avoir atteint l'âge habituel de la retraite. En 2009, 12 % de la population active des médecins avaient au moins 65 ans, par rapport à 9 % en 2004. Toutefois, le tiers des médecins âgés travaillaient encore à temps plein.

Les données de l'ICIS montrent également que la charge moyenne de travail des médecins âgés qui ne sont plus considérés comme actifs à temps plein est de 40 %.

« Au Canada, un médecin actif sur cinq a plus de 60 ans. Étant donné qu'un grand nombre de médecins approchent de l'âge de la retraite, certains Canadiens se demandent s'ils auront toujours accès aux services médicaux dont ils ont besoin au cours des prochaines années », explique Michael Hunt, directeur des Services d'information sur les produits pharmaceutiques et la main-d'oeuvre de la santé à l'ICIS. « Notre étude montre toutefois que les médecins n'ont pas tendance à prendre leur retraite, du moins au sens traditionnel du terme, quand ils atteignent 65 ans. Ils choisissent plutôt de réduire peu à peu leur charge de travail au fil des ans. De plus, l'arrivée sur le marché de nouveaux diplômés des facultés de médecine contribue à augmenter le nombre de médecins actifs au Canada et à stabiliser l'âge moyen de la main-d'oeuvre des médecins. »

Les médecins de famille âgés réduisent leur charge de travail et restreignent leur champ de pratique

Selon le rapport Accrocher définitivement son stéthoscope? Vers une nouvelle perspective du départ à la retraite des médecins, plutôt que de quitter le marché du travail, bon nombre de médecins âgés réduisent l'intensité de leur pratique clinique. En 2007, 7 % des médecins de 55 ans ou plus et près de 12 % des médecins de 65 ans ou plus sont devenus minimalement actifs, c'est-à-dire qu'ils ont réduit leur charge de travail à 33 % de leur charge antérieure, tout au plus.

Bien qu'il n'existait aucun écart important entre les différents groupes d'âge chez les médecins de famille au chapitre de la participation aux activités cliniques (comme l'évaluation en cabinet et les soins de santé mentale), les omnipraticiens étaient moins susceptibles, avec l'âge, de dispenser certains services. Par exemple, moins de 35 % des médecins de famille de sexe féminin âgées de 65 à 69 ans fournissaient des services à des patients hospitalisés, par rapport à 59 % de leurs consoeurs de moins de 40 ans. De même, 56 % des médecins de famille de sexe masculin âgés de 65 à 69 ans offraient des services exigeant des compétences avancées en matière d'interventions, par rapport à 77 % de leurs confrères âgés de 40 à 44 ans. Ce changement de champ de pratique a été également observé parmi les médecins de famille qui offrent des services d'obstétrique et d'anesthésie, et il est survenu plus rapidement chez les femmes que chez les hommes.

Plus de médecins disent avoir l'intention de prendre leur retraite qu'il n'y en a qui quittent le marché du travail

Le Sondage national auprès des médecins de 2007 révèle qu'à peine plus de 3 % des médecins ont indiqué avoir l'intention de prendre leur retraite au cours de l'une des deux années suivant le sondage. Selon l'étude de l'ICIS, toutefois, les estimations des départs à la retraite réels étaient nettement inférieures, le taux de médecins partis à la retraite étant de moins de 1 % par année (de 0,54 à 0,79 %).

« La retraite n'est pas un événement soudain pour la main-d'oeuvre des médecins », explique le Dr Raymond Pong, chercheur au Centre de recherche en santé dans les milieux ruraux du Nord de l'Université Laurentienne et auteur de l'étude. « Nous observons plutôt une transition vers la retraite, les médecins réduisant progressivement leur charge de travail et choisissant avec soin les services qu'ils offrent. Cette transition peut s'échelonner sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Alors que la proportion de médecins vieillissants augmente, il devient plus important, pour planifier la main-d'oeuvre, de comprendre la nature de leur travail, leur charge de travail et la durée de leur période d'activité. »

Quelques faits sur le départ à la retraite des médecins

  • En 2009, le tiers des médecins de 65 ans ou plus travaillaient toujours à temps plein.
  • En 2009, environ 68 100 médecins actifs travaillaient au Canada, dont le dixième (12 %) avaient 65 ans ou plus, par rapport à 9 % en 2004.
  • En 2007, plus de 7 % des médecins de 55 ans ou plus et près de 12 % des médecins de 65 ans ou plus sont devenus minimalement actifs, c'est-à-dire qu'ils ont réduit leur charge de travail à 33 % de leur charge antérieure, tout au plus.
  • Les omnipraticiens sont moins susceptibles, avec l'âge, de s'investir dans des activités relatives aux patients hospitalisés, aux soins obstétriques, aux anesthésies ainsi que dans des services exigeant des compétences avancées en matière d'interventions.
  • En 2007, tout juste plus de 3 % des médecins interrogés ont indiqué qu'ils prévoyaient prendre leur retraite au cours de l'une des deux années suivant le sondage, alors que les taux annuels moyens estimés de départ à la retraite étaient nettement inférieurs à 1 % par année.

Accrocher définitivement son stéthoscope? Vers une nouvelle perspective du départ à la retraite des médecins

Avec la présente étude, on veut tenter de mieux comprendre l'incidence du vieillissement sur le travail des médecins, y compris sur leur décision de quitter ou non la pratique clinique.

Les médecins canadiens ont tendance à prendre leur retraite plus tard que les travailleurs moyens. Plutôt que d'abandonner abruptement et complètement la main-d'oeuvre médicale à 65 ans, de nombreux médecins âgés décident de continuer à pratiquer, sans toutefois nécessairement maintenir le même niveau d'activité ou effectuer le même type de travail qu'auparavant.

Selon la définition de « médecins plus âgés » et le seuil établi pour les équivalents à temps plein (ETP), on peut considérer les médecins plus âgés comme minimalement actifs dans différentes proportions. Pour 2007, si le seuil ETP était fixé à 33 % ou moins de la charge de travail antérieure, la proportion de médecins considérés comme minimalement actifs varierait de 7,3 % des médecins de 55 ans et plus à 11,9 % des médecins de 65 ans et plus. S'il était fixé à 15 % ou moins de la charge de travail antérieure, l'écart varierait de 3,3 % à 4,9 % pour les médecins de 55 ans et plus et ceux de 65 ans et plus, respectivement.

L'étude comprend :

  • Une revue de la documentation pertinente en vue de cerner l'état actuel des connaissances au sujet de la retraite en général.
  • Trois ensembles d'analyses empiriques étroitement liées : l'estimation de l'ampleur des départs à la retraite des médecins, l'estimation du nombre de médecins âgés qui sont minimalement actifs et qui pourraient donc être considérés comme des retraités du point de vue de la planification des effectifs de la santé et, enfin, l'exploration d'une approche différente pour comprendre l'incidence du vieillissement sur la pratique clinique des médecins.

Télécharger le rapport

Source: Institut canadien d'information sur la santé
http://www.cihi.ca/